samedi 11 août 2007

Appellation d'origine controlhaine

Ok, arrêtons avec la langue de bois.

Quand on veut désigner quelqu'un dont on (ou notre interlocuteur) ne connait pas le nom on est un peu obligé de le décrire. "Mais si tu sais, lui qui..."

Le problème, c'est que les traits les plus évidents sont souvent mal vus et ont un lourd passif.

"Tiens tu sais le noir..."
"Aaaaah, la grosse là ?"
"Tu vois le mec qui a des dreadlocks ?"

Réaction probable: "haaaaan mais tu peux pas dire ça, t'es méchant".

Ben quoi ? C'est pas de ma faute s'il a des dreadlocks, il a des cheveux moches s'il veut.

Fuck.
It.

Ce sont des traits morphologiques qui sont évidents et sautent aux yeux. Ce sont même les premiers qui viennent à l'esprit quand on se représente la personne. Quand quelqu'un s'asseoit autour de sa chaise, il est gros, je suis désolé. Quand un mec a la peau très mate, il est noir. C'est le premier truc que tu remarques. Le mieux c'est les combos, exemple; "la grosse noire".

C'est vrai que ces personnes souffrent ( ou souffraient) probablement de leurs caractéristiques physiques d'une manière ou une autre à cause des moqueries et des standards de la société. Surtout le gars avec des dreadlocks. il est également véridique que certains mots ont un lourd passif. Mais hé, on va pas prétendre de pas voir le quidam tel qu'il est. Faut arrêter de se voiler la face, on a tous des trucs pas conformes au standard du blanc sculpté correctement et bien habillé. Et c'est justement ce qui nous différencie les uns des autres.
Ainsi, je ne me offusquerai pas si on me désigne comme "l'arabe maigrichon qui ressemble à Saïd Taghmaoui". Oui, "arabe", le terme me dérange pas.

Arrêtez de nous faire croire qu'on ne voit pas la "couleur", hey, ho, hein. Ca va 5 minutes, malgré mon métissage, le fait que je viens d'un pays du sud se remarque à mon teint de peau et quelques traits morphologiques. Et je m'en fous, de toute façon, je ne ressent aucune honte ou fierté de cela. Non, Yannick Noah, le métissage c'est pas super cool, on s'en bat les couilles. T'es peut-être fort en tennis, mais putain, arrête la chanson et l'écriture de textes.
Et ouais, si un jour je dois parler de mon ami Faya à quelqu'un qui ne le connait que de visu, je commencerais par "tu sais le noir qui...". Et lui même ne le prendra pas mal.
De toute façon, même si c'est le cas, il ferme sa gueule, il sait que j'ai raison.

En fait, ne pas voir la couleur, je trouve ça encore pire, c'est une hypocrisie assez balaise pour se sentir bien-pensant et propre sur soi. A tort. Dans une société aussi segmentée et ghettohisée que la notre, tu ne peux pas me dire qu'on est pareils. Qu'on ai les mêmes droits ok, c'est logique et ce serait bien que ça se fasse, mais on est différents.

Point.

Comme pour moi, je ne vais pas prétendre que l'individu dont je parle est autre chose que ce qu'il est. Par exemple, Je ne suis pas gros, roux, un femme, asiatique ou même doté d'un bite standard.
C'est comme ça, l'autre jour j'ai cassé un noix de coco avec. En un coup. Je suis trop balaise.

Donc pour désigner le type là bas, tu diras "le noir qui", y'a pas de honte, c'est normal.
Ca fait pas de toi un méchant raciste. C'est pas possible, tu portes des dreadlocks pour sortir des conneries pareilles ?

Et dire que quelqu'un est gros, c'est pas "méchant". Non, c'est la vérité.
Bien sûr, cette notion est relative et vu mon aspect rachitique (mais sexy), l'adjectif me viendra facilement à la bouche. Enfin, quand je vois Berenice... Je tenais à préciser que je n'ai pas d'exemple en tête, si tu t'appelles Berenice et que tu lis ces pages, ne le prend pas pour toi. En même temps, tu fais chier, j'essaye de prendre un prénom peu courant, et toi, tu gâches tout. Donc, quand je vois Berenice, ce n'est pas son haut noir ou son jean qui me vient en tête, mais sa corpulence. Donc, "la grosse". Point. Le jour ou elle viendra habillée en clown bulgare, ça me sautera moins aux yeux. Ce sera "la grosse clown bulgare".


Va falloir arrêter avec le politiquement correct tout naze. C'est comme cette histoire d'afro-américain (ou africain-américain, je sais jamais faire la différence) aux USA.

Je me rends compte que si je devais parler de tout ce qui m'énerve dans la catégorie hypocrisie à la con (car il y'en a des biens et des utiles), je serais encore là demain. Le problème, c'est que je suis déja demain, alors tant pis. Ou pour finir presque comme j'ai commencé... Fuck it.


Le premier qui n'est pas d'accord porte des dreadlocks.

3 commentaires:

Clo a dit…

Han, bah, heu, juste pour le plaisir du commentaire, ça fait plaisir de lire ça. Cool.

Pierre-Alain a dit…

Enorme, j'ai ri comme un con.
Non en fait je suis pas con mais noir , ah ben zut :o

Derox a dit…

Mais putain, tu sais que t'es marrant! et meme pour un petit rebeuh, c'est dire!

j'ai beaucoup aimé le "s'asseoir autour de la chaise".

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